Benoît XVI, pape
en perpétuelle mémoire.
1. « Lumière de sa nation et de son temps » : c’est par ces mots que notre prédécesseur, le bienheureux Jean-Paul II, saluait en 1979 Ste Hildegarde, à l’occasion du 800e anniversaire de la mort de la mystique allemande. Effectivement, cette femme éminente se détache sur l’horizon de l’Histoire par la sainteté de sa vie et l’originalité de son enseignement. Oui, comme c’est le cas pour toute expérience humaine et théologale authentique, son autorité dépasse vraiment le cadre d’une époque et d’une société, et abstraction faite de la distance chronologique et culturelle, sa pensée apparaît toujours actuelle.
La vie quotidienne de Ste Hildegarde se révèle en parfaite harmonie avec son enseignement. Chez elle s’expriment la recherche de la volonté de Dieu et la suite du Christ comme une constante mise en pratique des vertus, qu’elle cultive avec le plus grand soin et nourrit aux sources bibliques, liturgiques et patristiques, ainsi qu’à la lumière de la Règle de St Benoît. En elle rayonne de façon toute particulière l’exercice persévérant de l’obéissance, de la simplicité, de la charité et de l’hospitalité. Dans son adhésion totale à Dieu, elle s’est distinguée par ses dons humains singuliers, son intelligence vive ainsi que par sa capacité à scruter les réalités divines.
2. Hildegarde est née en 1098 à Bermersheim près d’Alzey ; ses parents étaient de nobles propriétaires fonciers. À l’âge de huit ans, Hildegarde fut confiée comme oblate à l’abbaye bénédictine du Disibodenberg, où elle prononça ses vœux en 1115. À la mort de Jutta de Sponheim, en 1136, Hildegarde fut nommée pour lui succéder comme magistra. De faible constitution physique mais dotée d’un puissant esprit, elle se consacra avec un soin spécial au renouveau de la vie religieuse. Le fondement de sa spiritualité était la Règle bénédictine, qui trace un chemin vers la sainteté fait d’équilibre et d’ascèse mesurée. En raison du nombre croissant des moniales, ce qu’il convient d’attribuer avant tout à la haute estime liée à sa personne, elle fonda en 1150 un monastère sur une colline – le Rupertsberg près de Bingen – où elle se rendit avec vingt sœurs. Elle fonda en 1165 un autre monastère à Eibingen, de l’autre côté du Rhin. Elle était abbesse des deux monastères.
Au sein du monastère, elle prit soin du bien-être spirituel et matériel de ses sœurs en favorisant spécialement la vie commune, la culture et la liturgie. En dehors du monastère, elle s’efforça de fortifier la foi chrétienne et d’affermir la pratique religieuse en s’opposant aux tendances hérétiques des Cathares ; elle favorisa par ses écrits et prédications la réforme de l’Église et contribua à l’amélioration de la discipline et de la vie du clergé. À l’invitation de Hadrien IV et ensuite d’Alexandre III, Hildegarde exerça un apostolat fécond – ce qui n’était guère usuel à l’époque pour une femme – , elle entreprit de nombreux voyages, qui n’étaient pas sans dangers ni difficultés, afin d’exhorter aussi sur les places publiques et dans quelques cathédrales, entre autres Cologne, Trêves, Lüttich, Mayence, Metz, Bamberg et Würzburg. La profonde spiritualité de ses écrits exerce une influence notable sur les fidèles et les hautes personnalités de son temps, car elle s’intègre dans un puissant renouvellement de la théologie, de la liturgie, des sciences et de la musique.
Atteinte durant l’été 1179 d’une grave maladie, Hildegarde mourut en odeur de sainteté le 17 septembre 1179 au monastère du Rupertsberg, près de Bingen, entourée de ses sœurs.
3. Dans ses nombreux écrits, Hildegarde se consacre exclusivement à l’exposé de la révélation divine et à l’annonce de Dieu dans la clarté de son amour. Son enseignement se distingue par la hauteur et la droiture de ses interprétations comme aussi par l’originalité de ses visions. Ses textes paraissent animés d’une authentique « intelligence d’amour » et expriment leur profondeur et fraîcheur dans la contemplation du mystère de la Très Sainte Trinité, de l’Incarnation, de l’Église, de l’Humanité et de la Nature qui, en tant qu’œuvre de Dieu, doit être estimée et respectée.
Ses œuvres sont le fruit d’une expérience mystique profonde et offrent une réflexion effective sur le mystère de Dieu. Déjà enfant, le Seigneur l’avait gratifiée d’une série de visions, dont elle avait raconté le contenu au moine Volmar, son secrétaire et directeur spirituel, ainsi qu’à une sœur, la moniale Richardis de Stade. Particulièrement éclairant reste cependant le jugement de St Bernard de Clairvaux, qui l’encouragea, et surtout celui du pape Eugène III, lequel l’autorisa en 1147 à écrire et à parler en public. La réflexion théologique permit à Hildegarde d’exposer de façon thématique le contenu de ses visions et, au moins en parti, de les comprendre. En dehors de livres de théologie et de mystique, elle rédigea aussi des œuvres consacrées à la médecine et à la Science. Ses lettres sont aussi très nombreuses – environ 400 – , qu’elle adressa à des gens simples, des communautés religieuses, des papes, des évêques et aux autorités séculières de son temps. Elle fut aussi compositrice de musique spirituelle. Par son ampleur, sa qualité et sa variété, le recueil de ses écrits est sans comparaison chez les femmes du Moyen-Âge.
Les œuvres majeures sont : le Scivias (Sache les voies), le Liber vitae meritorum (le Livre des mérites de la vie) et le Liber divinorum operum (le Livre des œuvres divines). Tous racontent ses visions et le commandement reçu du Seigneur de les mettre par écrit. Ses Lettres n’ont pas moins d’intérêt, comme Hildegarde l’estime elle-même, car elles manifestent son attention pour les événements de son temps, qu’elle interprète à la lumière des mystères divins. Il convient d’ajouter 58 Sermons, adressés exclusivement à ses sœurs. Il s’agit d’Expositiones evangeliorum (explications des Évangiles), qui contiennent un commentaire littéral et moral pour les péricopes évangéliques lues aux grandes fêtes de l’année liturgique. Les travaux de caractère artistique et scientifique se concentrent de façon particulière au domaine de la musique, avec la Symphonia armoniae caelestium revelationum ; au domaine de la science avec les Physica ; au domaine de la médecine avec le Liber subtilitatum diversarum naturarum creaturarum et l’œuvre Causae et curae. Enfin, il importe de mentionner des écrits de caractère philologique, comme la Lingua ignota et les Litterae ignotae, dans lesquels apparaissent des mots dans une langue inconnue inventée par Hildegarde seule, mais qui sont composés principalement de phonèmes présents dans la langue allemande.
La langue de Hildegarde, caractérisée par un style original et fortement expressif, puise volontiers dans un registre poétique à la force symbolique puissante, avec des intuitions lumineuses, des analogies concises et des métaphores saisissantes.
4. Hildegarde dirige son regard sur l’événement de la Révélation avec une sensibilité aiguë, sage et prophétique. Son étude se déploie à partir de la Bible, à laquelle elle reste fermement attachée au cours des phases suivantes. Le regard de la mystique de Bingen ne se limite pas à résoudre quelques questions, elle veut au contraire offrir une synthèse de toute la foi chrétienne. Elle résume ainsi, dans ses visions et les réflexions suivantes, toute l’Histoire du Salut à partir du commencement de l’univers jusqu’au dernier jour. La décision de Dieu de réaliser l’œuvre de la Création est le premier pas de cet immense chemin, qui se déroule, à la lumière de la Sainte Écriture, de la constitution de la hiérarchie céleste jusqu’à la chute de l’ange et au péché originel de nos premiers parents. À cette image des commencements succèdent l’œuvre salutaire du Fils de Dieu, l’action de l’Église, qui poursuit dans le temps le mystère de l’Incarnation et la lutte contre Satan. La venue finale du Règne de Dieu et le Jugement dernier seront le couronnement de cette œuvre.
Hildegarde se demande, à elle-même et à nous aussi, s’il est possible de connaître Dieu ; c’est la tâche fondamentale de la théologie. Sa réponse est des plus affirmative : par la foi, comme par une porte, l’homme est dans la mesure de s’approcher de cette connaissance. Dieu, cependant, se réserve toujours un lieu de mystère insondable. Il est connaissable dans la création qui, de son côté, n’est pas entièrement connue si elle est séparée de Dieu. En effet, la nature considérée en elle-même ne fournit que des informations partielles, et il n’est pas rare qu’elles soient motifs d’erreurs ou d’abus. C’est pourquoi, dans la dynamique de la connaissance naturelle, a-t-on besoin de la foi, sinon la connaissance est limitée, peu satisfaisante et source d’égarement.
La Création est un acte d’amour, par lequel l’univers peut surgir du néant : c’est pourquoi l’ensemble des créatures s’écoule comme un fleuve de l’amour divin. Parmi les créatures, Dieu aime spécialement l’homme et lui confie une dignité particulière en lui offrant la gloire que les anges déchus ont perdue. L’humanité peut ainsi être considérée comme le dixième chœur de la hiérarchie angélique. L’homme est dans la mesure de connaître Dieu en lui-même, c’est-à-dire son essence individuelle dans la trinité des personnes. Hildegarde aborde le mystère de la Ste Trinité selon une approche que proposait déjà St Augustin : par une ressemblance avec sa constitution de créature raisonnable, l’homme est en mesure de se forger au moins une image de la réalité intime de Dieu. Mais c’est seulement dans l’économie de l’Incarnation et de l’histoire humaine du Fils de Dieu que ce mystère devient accessible à la foi et à la conscience de l’homme. La Trinité et suprême unité sainte et ineffable demeure cachée aux serviteurs de la Loi ancienne, mais, dans le régime de la grâce, elle a été dévoilée à ceux qui ont été délivrés de la servitude. La Trinité a été révélée de façon toute particulière dans la Croix du Fils.
Un deuxième « lieu », où Dieu se fait connaître, est sa Parole contenue dans les livres de l`Ancien et du Nouveau Testament. C’est justement parce que Dieu « parle » que l’homme est appelé à écouter. Cette approche donne à Hildegarde l’occasion d’exposer son enseignement sur le chant, spécialement le chant liturgique. L’écho des paroles divines est créateur de vie et se révèle dans les créatures. Même les créatures non raisonnables sont intégrées dans la dynamique créatrice grâce à la parole qui crée. Mais c’est naturellement l’homme qui est la créature pouvant, avec sa voix, répondre à la voix du Créateur, et il peut le faire principalement de deux manières : in voce oris – avec la voix orale, c’est-à-dire dans la célébration de la liturgie – et in voce cordis, avec la voix du cœur, c’est-à-dire par une vie vertueuse et sainte. L’ensemble de la vie humaine peut ainsi être interprétée comme une symphonie et une harmonie.
5. L’anthropologie de Hildegarde prend comme point de départ le récit biblique de la création de l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 26). Selon la cosmologie de Hildegarde fondée sur la Bible, l’homme contient tous les éléments du monde, parce qu’il est formé de la même matière que la création et résume en lui l’ensemble de l’univers. C’est pourquoi il peut entrer en relation avec Dieu de façon tout à fait consciente. Cela ne se réalise pas par une vision directe, mais, selon la célèbre expression de Paul, « comme en un miroir » (1 Co 13, 12). L’image divine en l’homme consiste en sa nature raisonnable, qui se compose d’intelligence et de volonté. Par l’intelligence, l’homme est capable de discerner le bien et le mal ; par la volonté, il est entraîné à agir.
L’homme est envisagé comme une union d’un corps et d’une âme. On constate chez la mystique allemande une disposition positive vis-à-vis du corps, et elle réussit même à voir dans la fragilité du corps une valeur providentielle : le corps n’est pas un fardeau dont il faut se libérer, et même s’il est faible et fragile, il « éduque » l’homme à l’humilité et à sa condition de créature en le protégeant de l’orgueil et de l’arrogance. Dans un vision, Hildegarde voit les âmes des bienheureux au Paradis, qui attendent d’être unis à nouveau à leur corps. En effet, comme pour le corps du Christ, nos corps sont destinés, par une transformation radicale, à la Résurrection glorieuse. La vision de Dieu, en laquelle consiste la vie éternelle, ne peut être définitivement atteinte sans le corps.
L’homme existe comme homme et femme. Hildegarde reconnaît que dans cette structure ontologique de la condition humaine s’enracinent une relation de complémentarité ainsi qu’une égalité essentielle entre l’homme et la femme. Cependant, dans l’être de l’homme habite aussi le mystère du péché, qui entre pour la première fois dans l’histoire justement dans cette relation entre Adam et Ève. À l’inverse d’autres auteurs médiévaux, qui voyaient la cause de la chute originelle dans la faiblesse d’Ève, Hildegarde comprend cette chute avant tout comme une passion immodérée d’Adam pour Ève.
Même dans son état de pécheur, l’homme reste par la suite destiné à recevoir l’amour de Dieu, parce que cet amour est sans conditions et revêt, après le péché originel, le visage de la miséricorde. La peine elle-même, que Dieu impose à l’homme et la femme, laisse poindre l’amour miséricordieux du Créateur. En ce sens, la description la plus correcte de la créature est celle d’un être en chemin, d’un homo viator. Dans ce pèlerinage vers la patrie céleste, l’homme est appelé à combattre pour pouvoir sans cesse choisir le bien et éviter le mal.
Le choix continuel du bien produit une existence vertueuse. Le Fils de Dieu fait homme est porteur de toutes les vertus, c’est pourquoi l’imitation du Christ dans une vie vertueuse consiste dans la communion avec le Christ. La force des vertus provient de l’Esprit-Saint, répandu dans les cœurs des croyants : il rend possible une constante disposition vertueuse. C’est le but de l’existence humaine. L’homme expérimente de cette manière sa perfection christiforme.
6. Pour pouvoir atteindre ce but, le Seigneur a donné les Sacrements à l’Église. Le Salut et la perfection de l’homme ne s’atteignent pas en effet à la seule force de la volonté, mais par un don gracieux, que Dieu accorde à son Église.
L’Église elle-même est le premier sacrement, que Dieu place dans le monde afin de communiquer son Salut aux hommes. Elle est « l’édifice d’âmes vivantes » et peut à bon droit être considérée comme vierge, épouse et mère ; dès lors s’établit une étroite comparaison avec la figure historique et mystique de la Mère de Dieu. L’Église transmet le Salut avant tout par l’annonce des deux grands mystères de la Trinité et de l’Incarnation, qui sont comme les « sacrements premiers », ensuite par l’administration des autres sacrements. Le sommet du caractère sacramentel de l’Église est l’eucharistie. Les sacrements pourvoient à la sainteté des fidèles, au Salut et à la purification des pécheurs, à la Rédemption, à l’amour et aux autres vertus. Mais l’Église vit encore, parce que Dieu exprime en elle son amour intra-trinitaire. Le Seigneur Jésus est le Médiateur par excellence. Du sein de la Trinité, il vient à la rencontre des hommes, et du sein de Marie il vient à la rencontre de Dieu : comme Fils de Dieu, il est l’amour fait chair ; en tant que fils de Marie, il est le représentant de l’humanité devant le trône de Dieu.
Enfin, l’homme peut faire même l’expérience de Dieu. La relation avec Lui ne s’épuise pas en effet dans le seul domaine de la pensée rationnelle, mais intègre l’ensemble de la personne. Tous les sens, intérieurs et extérieurs de Dieu, sont participants de l’expérience de Dieu : « Homo autem ad imaginem et similitudinem Dei factus est, ut quinque sensibus corporis sui opererur ; per quos etiam divisus non est, sed per eos est sapiens et sciens et intelligens opera sua adimplere. […] Sed et per hoc, quod homo sapiens, sciens et intellegens est, creaturas conosci ; itaque per creaturas et per magna opera sua, quae etiam quinque sensibus suis vix comprehendit, Deum cognoscit, quem nisi in fide videre non valet » [« L’homme a été en effet créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, pour agir avec les cinq sens de son corps ; il n’est pas divisé par eux, mais par eux il est sage, doué de science et d’intelligence, pour réaliser ce qu’il doit faire. (…) Mais du fait que l’homme est sage, doué de science et d’intelligence, il connaît les créatures ; c’est pourquoi, par le biais des créatures et par les grandes œuvres qu’il comprend aussi avec peine par ses cinq sens, il connaît Dieu, qu’on ne peut voir que dans la foi »] (Explanatio Symboli Sancti Athanasii : PL 197, 1066). Cette voie faite d’expérience trouve son accomplissement de nouveau dans la participation aux sacrements.
Hildegarde voit aussi les contradictions présentes dans la vie des croyants et dénonce les situations les plus blâmables. Elle souligne tout spécialement que l’individualisme dans l’enseignement et la pratique aussi bien des laïcs que des personnes consacrées est une expression d’orgueil et représente l’obstacle majeur à l’œuvre d’évangélisation des non-chrétiens.
Un des sommets de l’enseignement de Hildegarde est l’invitation claire à la vie vertueuse adressée précisément à ceux qui vivent dans un état consacré. Sa compréhension de la vie consacrée est une véritable « métaphysique théologique », parce qu’elle s’enracine fortement dans la vertu théologale de foi, qui est la source et la motivation constante pour s’engager totalement dans l’obéissance, la pauvreté et la chasteté. Par la pratique des conseils évangéliques, la personne consacrée partage l’expérience du Christ pauvre, chaste et obéissant, et suit ses pas dans la vie quotidienne. C’est la caractéristique essentielle de la vie consacrée.
7. L’enseignement remarquable de Hildegarde reflète l’enseignement des apôtres, de la littérature patristique et des œuvres d’auteurs de son époque, tandis qu’elle trouve dans la Règle de St Benoît de Nursie un continuel point de référence. La liturgie monastique et l’assimilation de la Sainte Écriture représentent les lignes directrices de sa pensée, qui se concentre sur le mystère de l’Incarnation et, en même temps, trouve son expression dans une profonde unité stylistique, qui parcourt toutes ses œuvres.
L’enseignement de la sainte bénédictine se présente comme un guide pour l’homo viator. Son message apparaît extraordinairement actuel dans le monde d’aujourd’hui, qui est particulièrement attiré par tout ce qu’elle a proposé et vécu. Nous pensons spécialement à la capacité charismatique et spéculative de Hildegarde, qui se présente comme un stimulant vivant pour la recherche théologique ; à sa réflexion sur le mystère du Christ contemplé dans sa beauté ; au dialogue de l’Église et de la théologie avec la culture, la science et les arts contemporains ; à l’idéal de la vie consacrée comme possibilité de réalisation humaine ; à la mise en valeur de la liturgie comme fête de la vie ; à l’idée d’une réforme de l’Église, conçue non pas comme un changement stérile des structures, mais comme une conversion du cœur ; à sa sensibilité pour la nature, dont les lois sont à protéger et ne sauraient être violées.
Dès lors, la reconnaissance du titre de docteur de l’Église à Hildegarde de Bingen a une grande signification pour le monde d’aujourd’hui, spécialement pour les femmes. Chez Hildegarde s’expriment les valeurs féminines les plus nobles : c’est pourquoi Hildegarde jette une lumière spéciale sur la présence des femmes dans l’Église et la société, aussi bien du point de vue de la recherche scientifique que de l’action pastorale. Sa capacité de parler à ceux qui se tiennent loin de la foi et de l’Église fait de Hildegarde un témoin crédible de la nouvelle évangélisation.
En raison de sa réputation de sainteté et de son enseignement remarquable, le 6 mars 1979, le cardinal Joseph Höffner, archevêque de Cologne et président de la conférence épiscopale allemande, en accord avec les cardinaux, archevêques et évêques de cette conférence, à laquelle nous aussi, alors cardinal et archevêque de Munich et Freising, nous faisions partie, adressa au bienheureux Jean-Paul II la Supplique suivante : que Hildegarde de Bingen puisse être déclarée docteur de l’Église. Notre vénérable frère soulignait dans la Supplique l’orthodoxie de l’enseignement de Hildegarde, reconnue au XIIe siècle par le pape Eugène III, sa sainteté continuellement reconnue et célébrée par le peuple fidèle, la valeur de ses traités. Au fil des années, d’autres Suppliques sont venues s’ajouter à celle de la conférence épiscopale allemande, en premier lieu celle des moniales du monastère d’Eibingen, placé sous le patronage de Hildegarde. À la demande générale du Peuple de Dieu que Hildegarde soit déclarée sainte, s’est donc ajoutée la demande de l’élever au rang de « docteur de l’Église universelle ».
Avec notre accord, la Congrégation pour la Cause des Saints a donc préparé avec attention une Positio super Canonizatione et Concessione tituli Doctoris Ecclesiae universalis pour la mystique de Bingen. Puisqu’il s’agit d’un maître éminent en théologie, à laquelle ont été consacrées des études nombreuses et reconnues, nous avons accordé la dispense de l’article 73 de la constitution apostolique Pastor bonus. Le 20 mars 2012, ce cas a été examiné et unanimement approuvé par les cardinaux et évêques lors d’une assemblée plénière, sous la présidence du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints. Lors de l’audience du 10 mai 2012, le cardinal Amato nous a lui-même informé en détail du status quaestionis et du vote unanime des évêques lors de l’assemblée plénière de la Congrégation pour la Cause des Saints évoquée ci-dessus. Le 27 mai 2012, dimanche de Pentecôte, sur la place St Pierre, au moment où commençait le synode des évêques et à la veille de « l’année de la foi », nous avions la joie d’annoncer à la foule des pélerins venus du monde entier la nouvelle de la reconnaissance du titre de docteur de l’Église à Ste Hildegarde de Bingen et à St Jean d’Avila.
C’est ce qui est arrivé aujourd’hui, avec l’aide de Dieu et l’approbation de l’ensemble de l’Église. Sur la place St Pierre, en présence de nombreux cardinaux et évêques de la Curie romaine et du monde entier, nous avons confirmé cette décision et comblé ainsi les vœux des postulateurs en prononçant au cours de l’Eucharistie les paroles suivantes :
« Nous, à la demande de plusieurs frères dans l’épiscopat et de nombreux fidèles du monde, après avoir reçu l’avis de la Congrégation pour la Cause des Saints, ayant longuement réfléchi et en toute connaissance de cause, en vertu de l’autorité apostolique, nous déclarons docteurs de l’Église St Jean d’Avila, prêtre diocésain, et Ste Hildegarde de Bingen, moniale de l’Ordre de St Benoît. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »
Nous le décidons et l’ordonnons, en décrétant ces Lettres fermes, légitimes et efficaces, en établissant qu’elles portent leur effet de façon pleine et entière et qu’on les reçoive en conséquence. Nous décidons et décrétons par ailleurs qu’est nul et non avenu tout changement conscient ou inconscient qui y serait porté, par qui que ce soit ou en vertu de quelque autorité que ce soit.
Donné à Rome, près St Pierre, muni du sceau du pêcheur, le 7 octobre 2012, en la huitième année de mon pontificat.
Übersetzung aus dem Lateinischen : P. Xavier Batllo OSB, Solesmes
Sites historiques de Sainte Hildegarde – adresses / contacts
Hildegarde de Bingen - Sites historiquesBermersheim Kath. Pfarramt
Révérend Heinz Förg (Paroisse Catholique), Mme Frisch
Niedergasse 2 Klosterberg 1
D-55234 Erbes-Buedesheim/Allemagne Weiterlesen
Beuroner Kunst
Bilder, Kloster, Unsere AbteiErster kompletter Entwurf des Kirchenschiffs in Bleistift. Dieser kam in leicht reduzierter Form zur Ausführung, lediglich die Christusdarstellung in der Apsis wurde verändert.
Bildnachweis: Erzabtei St.Martin, Beuron
Décret apostolique sur la canonisation de Hildegarde de Bingen
canonisation_frzBenoît XVI, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, en perpétuelle mémoire.
« Invoquons toujours l’Esprit-Saint ; puisse-t-il susciter dans l’Église des femmes sages et courageuses comme Ste Hildegarde. En prenant conscience des dons reçus de Dieu, elles ont apporté leur contribution fructueuse et personnelle à la croissance spirituelle de notre société et de l’Église de notre temps. » Weiterlesen
Décret apostolique pour la proclamation de sainte Hildegarde de Bingen Docteur de l’Église
canonisation_frzBenoît XVI, pape
en perpétuelle mémoire.
1. « Lumière de sa nation et de son temps » : c’est par ces mots que notre prédécesseur, le bienheureux Jean-Paul II, saluait en 1979 Ste Hildegarde, à l’occasion du 800e anniversaire de la mort de la mystique allemande. Effectivement, cette femme éminente se détache sur l’horizon de l’Histoire par la sainteté de sa vie et l’originalité de son enseignement. Oui, comme c’est le cas pour toute expérience humaine et théologale authentique, son autorité dépasse vraiment le cadre d’une époque et d’une société, et abstraction faite de la distance chronologique et culturelle, sa pensée apparaît toujours actuelle.
La vie quotidienne de Ste Hildegarde se révèle en parfaite harmonie avec son enseignement. Chez elle s’expriment la recherche de la volonté de Dieu et la suite du Christ comme une constante mise en pratique des vertus, qu’elle cultive avec le plus grand soin et nourrit aux sources bibliques, liturgiques et patristiques, ainsi qu’à la lumière de la Règle de St Benoît. En elle rayonne de façon toute particulière l’exercice persévérant de l’obéissance, de la simplicité, de la charité et de l’hospitalité. Dans son adhésion totale à Dieu, elle s’est distinguée par ses dons humains singuliers, son intelligence vive ainsi que par sa capacité à scruter les réalités divines.
2. Hildegarde est née en 1098 à Bermersheim près d’Alzey ; ses parents étaient de nobles propriétaires fonciers. À l’âge de huit ans, Hildegarde fut confiée comme oblate à l’abbaye bénédictine du Disibodenberg, où elle prononça ses vœux en 1115. À la mort de Jutta de Sponheim, en 1136, Hildegarde fut nommée pour lui succéder comme magistra. De faible constitution physique mais dotée d’un puissant esprit, elle se consacra avec un soin spécial au renouveau de la vie religieuse. Le fondement de sa spiritualité était la Règle bénédictine, qui trace un chemin vers la sainteté fait d’équilibre et d’ascèse mesurée. En raison du nombre croissant des moniales, ce qu’il convient d’attribuer avant tout à la haute estime liée à sa personne, elle fonda en 1150 un monastère sur une colline – le Rupertsberg près de Bingen – où elle se rendit avec vingt sœurs. Elle fonda en 1165 un autre monastère à Eibingen, de l’autre côté du Rhin. Elle était abbesse des deux monastères.
Au sein du monastère, elle prit soin du bien-être spirituel et matériel de ses sœurs en favorisant spécialement la vie commune, la culture et la liturgie. En dehors du monastère, elle s’efforça de fortifier la foi chrétienne et d’affermir la pratique religieuse en s’opposant aux tendances hérétiques des Cathares ; elle favorisa par ses écrits et prédications la réforme de l’Église et contribua à l’amélioration de la discipline et de la vie du clergé. À l’invitation de Hadrien IV et ensuite d’Alexandre III, Hildegarde exerça un apostolat fécond – ce qui n’était guère usuel à l’époque pour une femme – , elle entreprit de nombreux voyages, qui n’étaient pas sans dangers ni difficultés, afin d’exhorter aussi sur les places publiques et dans quelques cathédrales, entre autres Cologne, Trêves, Lüttich, Mayence, Metz, Bamberg et Würzburg. La profonde spiritualité de ses écrits exerce une influence notable sur les fidèles et les hautes personnalités de son temps, car elle s’intègre dans un puissant renouvellement de la théologie, de la liturgie, des sciences et de la musique.
Atteinte durant l’été 1179 d’une grave maladie, Hildegarde mourut en odeur de sainteté le 17 septembre 1179 au monastère du Rupertsberg, près de Bingen, entourée de ses sœurs.
3. Dans ses nombreux écrits, Hildegarde se consacre exclusivement à l’exposé de la révélation divine et à l’annonce de Dieu dans la clarté de son amour. Son enseignement se distingue par la hauteur et la droiture de ses interprétations comme aussi par l’originalité de ses visions. Ses textes paraissent animés d’une authentique « intelligence d’amour » et expriment leur profondeur et fraîcheur dans la contemplation du mystère de la Très Sainte Trinité, de l’Incarnation, de l’Église, de l’Humanité et de la Nature qui, en tant qu’œuvre de Dieu, doit être estimée et respectée.
Ses œuvres sont le fruit d’une expérience mystique profonde et offrent une réflexion effective sur le mystère de Dieu. Déjà enfant, le Seigneur l’avait gratifiée d’une série de visions, dont elle avait raconté le contenu au moine Volmar, son secrétaire et directeur spirituel, ainsi qu’à une sœur, la moniale Richardis de Stade. Particulièrement éclairant reste cependant le jugement de St Bernard de Clairvaux, qui l’encouragea, et surtout celui du pape Eugène III, lequel l’autorisa en 1147 à écrire et à parler en public. La réflexion théologique permit à Hildegarde d’exposer de façon thématique le contenu de ses visions et, au moins en parti, de les comprendre. En dehors de livres de théologie et de mystique, elle rédigea aussi des œuvres consacrées à la médecine et à la Science. Ses lettres sont aussi très nombreuses – environ 400 – , qu’elle adressa à des gens simples, des communautés religieuses, des papes, des évêques et aux autorités séculières de son temps. Elle fut aussi compositrice de musique spirituelle. Par son ampleur, sa qualité et sa variété, le recueil de ses écrits est sans comparaison chez les femmes du Moyen-Âge.
Les œuvres majeures sont : le Scivias (Sache les voies), le Liber vitae meritorum (le Livre des mérites de la vie) et le Liber divinorum operum (le Livre des œuvres divines). Tous racontent ses visions et le commandement reçu du Seigneur de les mettre par écrit. Ses Lettres n’ont pas moins d’intérêt, comme Hildegarde l’estime elle-même, car elles manifestent son attention pour les événements de son temps, qu’elle interprète à la lumière des mystères divins. Il convient d’ajouter 58 Sermons, adressés exclusivement à ses sœurs. Il s’agit d’Expositiones evangeliorum (explications des Évangiles), qui contiennent un commentaire littéral et moral pour les péricopes évangéliques lues aux grandes fêtes de l’année liturgique. Les travaux de caractère artistique et scientifique se concentrent de façon particulière au domaine de la musique, avec la Symphonia armoniae caelestium revelationum ; au domaine de la science avec les Physica ; au domaine de la médecine avec le Liber subtilitatum diversarum naturarum creaturarum et l’œuvre Causae et curae. Enfin, il importe de mentionner des écrits de caractère philologique, comme la Lingua ignota et les Litterae ignotae, dans lesquels apparaissent des mots dans une langue inconnue inventée par Hildegarde seule, mais qui sont composés principalement de phonèmes présents dans la langue allemande.
La langue de Hildegarde, caractérisée par un style original et fortement expressif, puise volontiers dans un registre poétique à la force symbolique puissante, avec des intuitions lumineuses, des analogies concises et des métaphores saisissantes.
4. Hildegarde dirige son regard sur l’événement de la Révélation avec une sensibilité aiguë, sage et prophétique. Son étude se déploie à partir de la Bible, à laquelle elle reste fermement attachée au cours des phases suivantes. Le regard de la mystique de Bingen ne se limite pas à résoudre quelques questions, elle veut au contraire offrir une synthèse de toute la foi chrétienne. Elle résume ainsi, dans ses visions et les réflexions suivantes, toute l’Histoire du Salut à partir du commencement de l’univers jusqu’au dernier jour. La décision de Dieu de réaliser l’œuvre de la Création est le premier pas de cet immense chemin, qui se déroule, à la lumière de la Sainte Écriture, de la constitution de la hiérarchie céleste jusqu’à la chute de l’ange et au péché originel de nos premiers parents. À cette image des commencements succèdent l’œuvre salutaire du Fils de Dieu, l’action de l’Église, qui poursuit dans le temps le mystère de l’Incarnation et la lutte contre Satan. La venue finale du Règne de Dieu et le Jugement dernier seront le couronnement de cette œuvre.
Hildegarde se demande, à elle-même et à nous aussi, s’il est possible de connaître Dieu ; c’est la tâche fondamentale de la théologie. Sa réponse est des plus affirmative : par la foi, comme par une porte, l’homme est dans la mesure de s’approcher de cette connaissance. Dieu, cependant, se réserve toujours un lieu de mystère insondable. Il est connaissable dans la création qui, de son côté, n’est pas entièrement connue si elle est séparée de Dieu. En effet, la nature considérée en elle-même ne fournit que des informations partielles, et il n’est pas rare qu’elles soient motifs d’erreurs ou d’abus. C’est pourquoi, dans la dynamique de la connaissance naturelle, a-t-on besoin de la foi, sinon la connaissance est limitée, peu satisfaisante et source d’égarement.
La Création est un acte d’amour, par lequel l’univers peut surgir du néant : c’est pourquoi l’ensemble des créatures s’écoule comme un fleuve de l’amour divin. Parmi les créatures, Dieu aime spécialement l’homme et lui confie une dignité particulière en lui offrant la gloire que les anges déchus ont perdue. L’humanité peut ainsi être considérée comme le dixième chœur de la hiérarchie angélique. L’homme est dans la mesure de connaître Dieu en lui-même, c’est-à-dire son essence individuelle dans la trinité des personnes. Hildegarde aborde le mystère de la Ste Trinité selon une approche que proposait déjà St Augustin : par une ressemblance avec sa constitution de créature raisonnable, l’homme est en mesure de se forger au moins une image de la réalité intime de Dieu. Mais c’est seulement dans l’économie de l’Incarnation et de l’histoire humaine du Fils de Dieu que ce mystère devient accessible à la foi et à la conscience de l’homme. La Trinité et suprême unité sainte et ineffable demeure cachée aux serviteurs de la Loi ancienne, mais, dans le régime de la grâce, elle a été dévoilée à ceux qui ont été délivrés de la servitude. La Trinité a été révélée de façon toute particulière dans la Croix du Fils.
Un deuxième « lieu », où Dieu se fait connaître, est sa Parole contenue dans les livres de l`Ancien et du Nouveau Testament. C’est justement parce que Dieu « parle » que l’homme est appelé à écouter. Cette approche donne à Hildegarde l’occasion d’exposer son enseignement sur le chant, spécialement le chant liturgique. L’écho des paroles divines est créateur de vie et se révèle dans les créatures. Même les créatures non raisonnables sont intégrées dans la dynamique créatrice grâce à la parole qui crée. Mais c’est naturellement l’homme qui est la créature pouvant, avec sa voix, répondre à la voix du Créateur, et il peut le faire principalement de deux manières : in voce oris – avec la voix orale, c’est-à-dire dans la célébration de la liturgie – et in voce cordis, avec la voix du cœur, c’est-à-dire par une vie vertueuse et sainte. L’ensemble de la vie humaine peut ainsi être interprétée comme une symphonie et une harmonie.
5. L’anthropologie de Hildegarde prend comme point de départ le récit biblique de la création de l’homme à l’image et à la ressemblance de Dieu (Gn 1, 26). Selon la cosmologie de Hildegarde fondée sur la Bible, l’homme contient tous les éléments du monde, parce qu’il est formé de la même matière que la création et résume en lui l’ensemble de l’univers. C’est pourquoi il peut entrer en relation avec Dieu de façon tout à fait consciente. Cela ne se réalise pas par une vision directe, mais, selon la célèbre expression de Paul, « comme en un miroir » (1 Co 13, 12). L’image divine en l’homme consiste en sa nature raisonnable, qui se compose d’intelligence et de volonté. Par l’intelligence, l’homme est capable de discerner le bien et le mal ; par la volonté, il est entraîné à agir.
L’homme est envisagé comme une union d’un corps et d’une âme. On constate chez la mystique allemande une disposition positive vis-à-vis du corps, et elle réussit même à voir dans la fragilité du corps une valeur providentielle : le corps n’est pas un fardeau dont il faut se libérer, et même s’il est faible et fragile, il « éduque » l’homme à l’humilité et à sa condition de créature en le protégeant de l’orgueil et de l’arrogance. Dans un vision, Hildegarde voit les âmes des bienheureux au Paradis, qui attendent d’être unis à nouveau à leur corps. En effet, comme pour le corps du Christ, nos corps sont destinés, par une transformation radicale, à la Résurrection glorieuse. La vision de Dieu, en laquelle consiste la vie éternelle, ne peut être définitivement atteinte sans le corps.
L’homme existe comme homme et femme. Hildegarde reconnaît que dans cette structure ontologique de la condition humaine s’enracinent une relation de complémentarité ainsi qu’une égalité essentielle entre l’homme et la femme. Cependant, dans l’être de l’homme habite aussi le mystère du péché, qui entre pour la première fois dans l’histoire justement dans cette relation entre Adam et Ève. À l’inverse d’autres auteurs médiévaux, qui voyaient la cause de la chute originelle dans la faiblesse d’Ève, Hildegarde comprend cette chute avant tout comme une passion immodérée d’Adam pour Ève.
Même dans son état de pécheur, l’homme reste par la suite destiné à recevoir l’amour de Dieu, parce que cet amour est sans conditions et revêt, après le péché originel, le visage de la miséricorde. La peine elle-même, que Dieu impose à l’homme et la femme, laisse poindre l’amour miséricordieux du Créateur. En ce sens, la description la plus correcte de la créature est celle d’un être en chemin, d’un homo viator. Dans ce pèlerinage vers la patrie céleste, l’homme est appelé à combattre pour pouvoir sans cesse choisir le bien et éviter le mal.
Le choix continuel du bien produit une existence vertueuse. Le Fils de Dieu fait homme est porteur de toutes les vertus, c’est pourquoi l’imitation du Christ dans une vie vertueuse consiste dans la communion avec le Christ. La force des vertus provient de l’Esprit-Saint, répandu dans les cœurs des croyants : il rend possible une constante disposition vertueuse. C’est le but de l’existence humaine. L’homme expérimente de cette manière sa perfection christiforme.
6. Pour pouvoir atteindre ce but, le Seigneur a donné les Sacrements à l’Église. Le Salut et la perfection de l’homme ne s’atteignent pas en effet à la seule force de la volonté, mais par un don gracieux, que Dieu accorde à son Église.
L’Église elle-même est le premier sacrement, que Dieu place dans le monde afin de communiquer son Salut aux hommes. Elle est « l’édifice d’âmes vivantes » et peut à bon droit être considérée comme vierge, épouse et mère ; dès lors s’établit une étroite comparaison avec la figure historique et mystique de la Mère de Dieu. L’Église transmet le Salut avant tout par l’annonce des deux grands mystères de la Trinité et de l’Incarnation, qui sont comme les « sacrements premiers », ensuite par l’administration des autres sacrements. Le sommet du caractère sacramentel de l’Église est l’eucharistie. Les sacrements pourvoient à la sainteté des fidèles, au Salut et à la purification des pécheurs, à la Rédemption, à l’amour et aux autres vertus. Mais l’Église vit encore, parce que Dieu exprime en elle son amour intra-trinitaire. Le Seigneur Jésus est le Médiateur par excellence. Du sein de la Trinité, il vient à la rencontre des hommes, et du sein de Marie il vient à la rencontre de Dieu : comme Fils de Dieu, il est l’amour fait chair ; en tant que fils de Marie, il est le représentant de l’humanité devant le trône de Dieu.
Enfin, l’homme peut faire même l’expérience de Dieu. La relation avec Lui ne s’épuise pas en effet dans le seul domaine de la pensée rationnelle, mais intègre l’ensemble de la personne. Tous les sens, intérieurs et extérieurs de Dieu, sont participants de l’expérience de Dieu : « Homo autem ad imaginem et similitudinem Dei factus est, ut quinque sensibus corporis sui opererur ; per quos etiam divisus non est, sed per eos est sapiens et sciens et intelligens opera sua adimplere. […] Sed et per hoc, quod homo sapiens, sciens et intellegens est, creaturas conosci ; itaque per creaturas et per magna opera sua, quae etiam quinque sensibus suis vix comprehendit, Deum cognoscit, quem nisi in fide videre non valet » [« L’homme a été en effet créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, pour agir avec les cinq sens de son corps ; il n’est pas divisé par eux, mais par eux il est sage, doué de science et d’intelligence, pour réaliser ce qu’il doit faire. (…) Mais du fait que l’homme est sage, doué de science et d’intelligence, il connaît les créatures ; c’est pourquoi, par le biais des créatures et par les grandes œuvres qu’il comprend aussi avec peine par ses cinq sens, il connaît Dieu, qu’on ne peut voir que dans la foi »] (Explanatio Symboli Sancti Athanasii : PL 197, 1066). Cette voie faite d’expérience trouve son accomplissement de nouveau dans la participation aux sacrements.
Hildegarde voit aussi les contradictions présentes dans la vie des croyants et dénonce les situations les plus blâmables. Elle souligne tout spécialement que l’individualisme dans l’enseignement et la pratique aussi bien des laïcs que des personnes consacrées est une expression d’orgueil et représente l’obstacle majeur à l’œuvre d’évangélisation des non-chrétiens.
Un des sommets de l’enseignement de Hildegarde est l’invitation claire à la vie vertueuse adressée précisément à ceux qui vivent dans un état consacré. Sa compréhension de la vie consacrée est une véritable « métaphysique théologique », parce qu’elle s’enracine fortement dans la vertu théologale de foi, qui est la source et la motivation constante pour s’engager totalement dans l’obéissance, la pauvreté et la chasteté. Par la pratique des conseils évangéliques, la personne consacrée partage l’expérience du Christ pauvre, chaste et obéissant, et suit ses pas dans la vie quotidienne. C’est la caractéristique essentielle de la vie consacrée.
7. L’enseignement remarquable de Hildegarde reflète l’enseignement des apôtres, de la littérature patristique et des œuvres d’auteurs de son époque, tandis qu’elle trouve dans la Règle de St Benoît de Nursie un continuel point de référence. La liturgie monastique et l’assimilation de la Sainte Écriture représentent les lignes directrices de sa pensée, qui se concentre sur le mystère de l’Incarnation et, en même temps, trouve son expression dans une profonde unité stylistique, qui parcourt toutes ses œuvres.
L’enseignement de la sainte bénédictine se présente comme un guide pour l’homo viator. Son message apparaît extraordinairement actuel dans le monde d’aujourd’hui, qui est particulièrement attiré par tout ce qu’elle a proposé et vécu. Nous pensons spécialement à la capacité charismatique et spéculative de Hildegarde, qui se présente comme un stimulant vivant pour la recherche théologique ; à sa réflexion sur le mystère du Christ contemplé dans sa beauté ; au dialogue de l’Église et de la théologie avec la culture, la science et les arts contemporains ; à l’idéal de la vie consacrée comme possibilité de réalisation humaine ; à la mise en valeur de la liturgie comme fête de la vie ; à l’idée d’une réforme de l’Église, conçue non pas comme un changement stérile des structures, mais comme une conversion du cœur ; à sa sensibilité pour la nature, dont les lois sont à protéger et ne sauraient être violées.
Dès lors, la reconnaissance du titre de docteur de l’Église à Hildegarde de Bingen a une grande signification pour le monde d’aujourd’hui, spécialement pour les femmes. Chez Hildegarde s’expriment les valeurs féminines les plus nobles : c’est pourquoi Hildegarde jette une lumière spéciale sur la présence des femmes dans l’Église et la société, aussi bien du point de vue de la recherche scientifique que de l’action pastorale. Sa capacité de parler à ceux qui se tiennent loin de la foi et de l’Église fait de Hildegarde un témoin crédible de la nouvelle évangélisation.
En raison de sa réputation de sainteté et de son enseignement remarquable, le 6 mars 1979, le cardinal Joseph Höffner, archevêque de Cologne et président de la conférence épiscopale allemande, en accord avec les cardinaux, archevêques et évêques de cette conférence, à laquelle nous aussi, alors cardinal et archevêque de Munich et Freising, nous faisions partie, adressa au bienheureux Jean-Paul II la Supplique suivante : que Hildegarde de Bingen puisse être déclarée docteur de l’Église. Notre vénérable frère soulignait dans la Supplique l’orthodoxie de l’enseignement de Hildegarde, reconnue au XIIe siècle par le pape Eugène III, sa sainteté continuellement reconnue et célébrée par le peuple fidèle, la valeur de ses traités. Au fil des années, d’autres Suppliques sont venues s’ajouter à celle de la conférence épiscopale allemande, en premier lieu celle des moniales du monastère d’Eibingen, placé sous le patronage de Hildegarde. À la demande générale du Peuple de Dieu que Hildegarde soit déclarée sainte, s’est donc ajoutée la demande de l’élever au rang de « docteur de l’Église universelle ».
Avec notre accord, la Congrégation pour la Cause des Saints a donc préparé avec attention une Positio super Canonizatione et Concessione tituli Doctoris Ecclesiae universalis pour la mystique de Bingen. Puisqu’il s’agit d’un maître éminent en théologie, à laquelle ont été consacrées des études nombreuses et reconnues, nous avons accordé la dispense de l’article 73 de la constitution apostolique Pastor bonus. Le 20 mars 2012, ce cas a été examiné et unanimement approuvé par les cardinaux et évêques lors d’une assemblée plénière, sous la présidence du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints. Lors de l’audience du 10 mai 2012, le cardinal Amato nous a lui-même informé en détail du status quaestionis et du vote unanime des évêques lors de l’assemblée plénière de la Congrégation pour la Cause des Saints évoquée ci-dessus. Le 27 mai 2012, dimanche de Pentecôte, sur la place St Pierre, au moment où commençait le synode des évêques et à la veille de « l’année de la foi », nous avions la joie d’annoncer à la foule des pélerins venus du monde entier la nouvelle de la reconnaissance du titre de docteur de l’Église à Ste Hildegarde de Bingen et à St Jean d’Avila.
C’est ce qui est arrivé aujourd’hui, avec l’aide de Dieu et l’approbation de l’ensemble de l’Église. Sur la place St Pierre, en présence de nombreux cardinaux et évêques de la Curie romaine et du monde entier, nous avons confirmé cette décision et comblé ainsi les vœux des postulateurs en prononçant au cours de l’Eucharistie les paroles suivantes :
« Nous, à la demande de plusieurs frères dans l’épiscopat et de nombreux fidèles du monde, après avoir reçu l’avis de la Congrégation pour la Cause des Saints, ayant longuement réfléchi et en toute connaissance de cause, en vertu de l’autorité apostolique, nous déclarons docteurs de l’Église St Jean d’Avila, prêtre diocésain, et Ste Hildegarde de Bingen, moniale de l’Ordre de St Benoît. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »
Nous le décidons et l’ordonnons, en décrétant ces Lettres fermes, légitimes et efficaces, en établissant qu’elles portent leur effet de façon pleine et entière et qu’on les reçoive en conséquence. Nous décidons et décrétons par ailleurs qu’est nul et non avenu tout changement conscient ou inconscient qui y serait porté, par qui que ce soit ou en vertu de quelque autorité que ce soit.
Donné à Rome, près St Pierre, muni du sceau du pêcheur, le 7 octobre 2012, en la huitième année de mon pontificat.
Übersetzung aus dem Lateinischen : P. Xavier Batllo OSB, Solesmes
Tableau chronologique de la vie de Sainte Hildegarde et de son procès de canonisation
canonisation_frz1098
Naissance de Hildegarde à Bermersheim, à Niederhosenbach selon des recherches récentes
ca. 1106
Hildegarde est confiée à Jutta de Sponheim
ca. 1112
Jutta s’installe avec Hildegarde dans la petite celle monastique rattachée au monastère de moines du Disibodenberg
1136
Après la mort de Jutta, Hildegarde est désignée comme « Maîtresse » du monastère de femme qui s’est développé à partir de la celle monastique
1141-1151
Travail à son œuvre principale Scivias, à de nombreuses compositions musicales et au mystère Ordo Virtutum
1147-1179
Correspondance épistolaire de Hildegarde avec des papes, des évêques, des personnalités séculières, des moines et moniales, des clercs et le peuple fidèle
1147-1148
Lors d’un synode à Trêves, le pape Eugène III accorde crédit aux écrits de Hildegarde et lit lui-même un passage du Scivias
1150
Installation avec 20 sœurs dans le nouveau monastère sur le Rupertsberg, près de Bingen
1158-1170
Nombreuses prédications publiques, entre autres à Mayence, Würzburg, Bamberg, Trêves, Metz et Cologne
1158-1173
Travail au Liber Vitae Meritorum, aux écrits scientifiques Physica et Causae et curae, ainsi qu’au Liber divinorum operum
1165
Hildegarde fonde un deuxième monastère à Eibingen, au-dessus de Rüdesheim ; elle est abbesse des deux monastères (Rupertsberg et Eibingen)
1174-1175
Le moine Gottfried commence la rédaction de la Vita de Hildegarde
1178
Conflit avec l’administration épiscopale de Mayence, qui jette l’interdit sur le monastère du Rupertsberg
17 IX 1179
Hildegarde meurt au monastère du Rupertsberg, quelques mois seulement après la levée de l’interdit ; elle est enterrée devant l’autel de l’église du monastère
1180-1190
Le moine Théoderich achève la Vita commencée par Gottfried
Deuxième moitié de l’année 1227
Supplique de l’abbesse et de la communauté du Rupertsberg adressée au pape Grégoire IX, avec la demande de béatification de leur fondatrice Hildegarde de Bingen
27 I 1228
Rescrit « Mirabilis Deus » du pape Grégoire IX, qui ordonne l’examen de la vie et des miracles de Hildegarde
1233
Le prêtre Bruno, clerc de St Pierre de Strasbourg, apporte à Rome le compte-rendu des témoins (protocole de canonisation), qui avait reçu les sceaux le 16 décembre 1233 au monastère du Rupertsberg
1237
Le compte-rendu des témoins ne remplit pas les conditions nécessaires et est renvoyé – il manque en particulier les indications précises concernant les miracles mentionnés : date, lieu et nom des témoins et des personnes guéries
6 V 1237
Le pape Grégoire IX établit une nouvelle commission, à laquelle appartiennent le doyen du chapitre, le scholastique et le chanoine Walter de la cathédrale de Mayence. Cette commission n’a vraisemblablement jamais entreprit son travail
24 IX 1243
En la première année de son pontificat, le pape Innocent IV entreprend de relancer la procédure de canonisation.
Le protocole déjà existant est retravaillé, reçoit de nombreux ajouts et compléments. Le protocole de 1233 et celui révisé de 1243 se trouvent actuellement aux archives nationales de Coblence
À partir de 1243
La canonisation de Hildegarde s’enlise
1489
L’archevêque de Mayence Berthold von Henneberg tente à nouveau de relancer la béatification. Il fait ouvrir le tombeau de Hildegarde dans l’espoir d’y trouver un document certifiant la sainteté de Hildegarde. Son espoir est déçu
1493
Hildegarde est fréquemment mentionnée dans la chronique mondiale réalisée par l’humaniste de Nuremberg Hartmann Schedel, chronique richement illustrée de gravures sur bois ; Hildegarde est ainsi connue d’un large public
1498
Trithème, abbé de Sponheim, fait ouvrir une nouvelle fois le tombeau de Hildegarde. Une fois encore, on n’y trouve aucun document ancien certifiant la sainteté de Hildegarde
15e siècle
Introduction de Hildegarde dans le martyrologe romain, liste officielle des saints et bienheureux de l’Église catholique romaine
Il y est écrit au 17 septembre : « Apud Bingiam, in dioecesi Moguntinensi, sanctae Hildegardis virginis (Près de Bingen, dans le diocèse de Mayence, mémoire de Ste Hildegarde, vierge) »
1632
Destruction du monastère du Rupertsberg par les Suédois lors de la tourmente de la guerre de Trente ans ; les reliques de Hildegarde peuvent être sauvées et portées au monastère d’Eibingen
1802
Fermeture du monastère d’Eibingen suite à la sécularisation ; en 1831, l’église du monastère devient l’église paroissiale d’Eibingen
17 IX 1904
Les bénédictines de l’abbaye St Gabriel de Prague occupent la nouvelle abbaye Ste Hildegarde, édifiée au-dessus de l’ancien monastère d’Eibingen
1916
Dans le nouveau bréviaire monastique bénédictin, le 17 septembre est établi jour de fête de Ste Hildegarde pour tout l’ordre
À partir de 1920
Études scientifiques des œuvres de Hildegarde menées par des sœurs de l’abbaye Ste Hildegarde (Sr Maura Böckeler, Sr Marianna Schrader, Sr Adelgundis Führkötter, Sr Angela Carlevaris)
1929
Achèvement du reliquaire de Ste Hildegarde selon une esquisse du fr Radbod Commandeur, Maria Laach. Le reliquaire doré ressemblance à un bâtiment flanqué de quatre tours, sur lesquelles les vertus cardinales sont représentées sous forme allégorique : justice, force, prudence et tempérance. Sur les faces avant et arrière sont représentés à chaque fois quatre saints, parmi lesquels St Benoît et St Martin
1978-2010
Édition critique des œuvres de Hildegarde de Bingen
1979
800e anniversaire de la mort de Hildegarde – une vaste réception de Hildegarde prend ses débuts
Mars 1979
La conférence des évêques d’Allemagne adresse une Supplique à Rome pour l’élévation de Hildegarde au rang de docteur de l’Église. La Supplique ne fut pas prise en compte, car aucune canonisation de Hildegarde n’avait eu lieu
Avril 1979
La fédération des femmes catholiques d’Allemagne adresse au président de la conférence épiscopale allemande, le cardinal Joseph Höffner, la demande que Hildegarde soit élevée au rang de docteur de l’Église
1987
La conférence des évêques d’Allemagne demande à Rome la béatification de Hildegarde et demande une nouvelle fois son élévation au rang de docteur de l’Église
1988
Il est annoncé que l’édition critique des œuvres de Hildegarde doit d’abord être terminée
À partir de 1990
Stagnation de la procédure pour des raisons inconnues
1996
La commission liturgique de la conférence épiscopale allemande s’efforce de remettre en mouvement la procédure de la cause de Hildegarde momentanément interrompue
1997-1998
900e centenaire de la naissance de Hildegarde – parution d’un grand nombre de publications sur sa vie et ses œuvres
2001
Développement de la notice sur Hildegarde dans le martyrologe romain au 17 septembre : « In monasterio Montis Sancti Ruperti prope Bingiam in Hassia, sanctae Hildegardis, virginis, quae, scientia rerum naturae et medicinae necnon arte musica perita, quam mystica contemplatione experta erat, pie in libris exposuit ac descripsit (Au monastère du Mt St Rupert, près de Bingen en Hesse, mémoire de Ste Hildegarde, vierge ; versée dans les sciences de la nature, de la médecine et de la musique, elle fut gratifiée de grâces de contemplation mystique, et en mit par écrit l’exposé détaillé) »
Septembre 2010
Dans le cadre de deux audiences générales, le pape Benoît XVI prononce deux catéchèses sur Hildegarde. Il la qualifie de « grande ‘prophétesse’ de particulière actualité, qui eut le courage et la capacité d’être attentive aux signes des temps … »
Décembre 2010
L’abbesse et la communauté de l’abbaye Ste Hildegarde remercient le pape pour ses catéchèses sur Hildegarde de Bingen et, dans ce contexte, lui demandent la canonisation de Hildegarde et son élévation au rang de docteur de l’Église
Janvier 2011
Le pape Benoît XVI charge la Congrégation pour la Cause des Saints de reprendre la cause de Hildegarde, avec pour but de la déclarer sainte et docteur de l’Église le plus tôt possible
15 décembre 2011
Selon le journal italien « La Stampa », Hildegarde de Bingen doit être élevée en octobre 2012 par le pape Benoît XVI au rang de docteur de l’Église
10 mai 2012
Béatification officielle de Hildegarde par le pape Benoît XVI
7 octobre 2012
Élévation de Ste Hildegarde au rang de docteur de l’Église
Hildegarde de Bingen (1098-1179), docteur de l’Église
canonisation_frzLe 7 octobre 2012, le Saint Père Benoît XVI élevait une moniale bénédictine, sainte Hildegarde de Bingen, au rang de docteur de l’Église. Sainte Hildegarde est la quatrième femme à partager ce titre avec sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila et sainte Thérèse de Lisieux. Le nom de sainte Hildegarde reste souvent lié, dans la pensée de beaucoup, à ses conseils et indications sur la médecine naturelle, ou à ses considérations physiques, botaniques, voire géologiques, et de fait l’abbesse rhénane a écrit plusieurs traités consacrés à ces matières …
HildegardeP.Xavier_PDF_download
Proclaiming Saint Hildegard of Bingen, professed nun of the Order of Saint Benedict, a Doctor of the Universal Church
canonization, currentBENEDICTUS PP. XVI
FOR PERPETUAL REMEMBRANCE
1. A “light for her people and her time”: in these words Blessed John Paul II, my Venerable Predecessor, described Saint Hildegard of Bingen in 1979, on the occasion of the eight-hundredth anniversary of the death of this German mystic. This great woman truly stands out crystal clear against the horizon of history for her holiness of life and the originality of her teaching. And, as with every authentic human and theological experience, her authority reaches far beyond the confines of a single epoch or society; despite the distance of time and culture, her thought has proven to be of lasting relevance.
In Saint Hildegard of Bingen there is a wonderful harmony between teaching and daily life. In her, the search for God’s will in the imitation of Christ was expressed in the constant practice of virtue, which she exercised with supreme generosity and which she nourished from biblical, liturgical and patristic roots in the light of the Rule of Saint Benedict. Her persevering practice of obedience, simplicity, charity and hospitality was especially visible. In her desire to belong completely to the Lord, this Benedictine Abbess was able to bring together rare human gifts, keen intelligence and an ability to penetrate heavenly realities.
2. Hildegard was born in 1098 at Bermersheim, Alzey, to parents of noble lineage who were wealthy landowners. At the age of eight she was received as an oblate at the Benedictine Abbey of Disibodenberg, where in 1115 she made her religious profession. Upon the death of Jutta of Sponheim, around the year 1136, Hildegard was called to succeed her as magistra. Infirm in physical health but vigorous in spirit, she committed herself totally to the renewal of religious life. At the basis of her spirituality was the Benedictine Rule which views spiritual balance and ascetical moderation as paths to holiness. Following the increase in vocations to the religious life, due above all to the high esteem in which Hildegard was held, around 1150 she founded a monastery on the hill of Rupertsberg, near Bingen, where she moved with twenty sisters. In 1165, she established another monastery on the opposite bank of the Rhine. She was the Abbess of both.
Within the walls of the cloister, she cared for the spiritual and material well-being of her sisters, fostering in a special way community life, culture and the liturgy. In the outside world she devoted herself actively to strengthening the Christian faith and reinforcing religious practice, opposing the heretical trends of the Cathars, promoting Church reform through her writings and preaching and contributing to the improvement of the discipline and life of clerics. At the invitation first of Hadrian IV and later of Alexander III, Hildegard practised a fruitful apostolate, something unusual for a woman at that time, making several journeys, not without hardship and difficulty, to preach even in public squares and in various cathedral churches, such as at Cologne, Trier, Liège, Mainz, Metz, Bamberg and Würzburg. The profound spirituality of her writings had a significant influence both on the faithful and on important figures of her time and brought about an incisive renewal of theology, liturgy, natural sciences and music. Stricken by illness in the summer of 1179, Hildegard died in the odour of sanctity, surrounded by her sisters at the monastery of Rupertsberg, Bingen, on 17 September 1179.
3. In her many writings Hildegard dedicated herself exclusively to explaining divine revelation and making God known in the clarity of his love. Hildegard’s teaching is considered eminent both for its depth, the correctness of its interpretation, and the originality of its views. The texts she produced are refreshing in their authentic “intellectual charity” and emphasize the power of penetration and comprehensiveness of her contemplation of the mystery of the Blessed Trinity, the Incarnation, the Church, humanity and nature as God’s creation, to be appreciated and respected.
These works were born from a deep mystical experience and propose a perceptive reflection on the mystery of God. The Lord endowed her with a series of visions from childhood, whose content she dictated to the Benedictine monk Volmar, her secretary and spiritual advisor, and to Richardis von Stade, one of her women religious. But particularly illuminating are the judgments expressed by Saint Bernard of Clairvaux, who encouraged her, and especially by Pope Eugene III, who in 1147 authorized her to write and to speak in public. Theological reflection enabled Hildegard to organize and understand, at least in part, the content of her visions. In addition to books on theology and mysticism, she also authored works on medicine and natural sciences. Her letters are also numerous — about four hundred are extant; these were addressed to simple people, to religious communities, popes, bishops and the civil authorities of her time. She was also a composer of sacred music. The corpus of her writings, for their quantity, quality and variety of interests, is unmatched by any other female author of the Middle Ages.
Her main writings are the Scivias, the Liber Vitae Meritorum and the Liber Divinorum Operum. They relate her visions and the task she received from the Lord to transcribe them. In the author’s view her Letters were no less important; they bear witness to the attention Hildegard paid to the events of her time, which she interpreted in the light of the mystery of God. In addition there are 58 sermons, addressed directly to her sisters. They are herExpositiones Evangeliorum, containing a literary and moral commentary on Gospel passages related to the main celebrations of the liturgical year. Her artistic and scientific works focus mainly on music, in the Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum; on medicine, in theLiber Subtilitatum Diversarum Naturarum Creaturarum and in the Causae et Curae, and on natural sciences in the Physica. Finally her linguistic writings are also noteworthy, such as theLingua Ignota and the Litterae Ignotae, in which the words appear in an unknown language of her own invention, but are composed mainly of phonemes present in German.
Hildegard’s language, characterized by an original and effective style, makes ample use of poetic expressions and is rich in symbols, dazzling intuitions, incisive comparisons and evocative metaphors.
4. With acute wisdom-filled and prophetic sensitivity, Hildegard focused her attention on the event of revelation. Her investigation develops from the biblical page in which, in successive phases, it remains firmly anchored. The range of vision of the mystic of Bingen was not limited to treating individual matters but sought to offer a global synthesis of the Christian faith. Hence in her visions and her subsequent reflections she presents a compendium of the history of salvation from the beginning of the universe until its eschatological consummation. God’s decision to bring about the work of creation is the first stage on this immensely long journey which, in the light of sacred Scripture, unfolds from the constitution of the heavenly hierarchy until it reaches the fall of the rebellious angels and the sin of our first parents.
This initial picture is followed by the redemptive Incarnation of the Son of God, the activity of the Church that extends in time the mystery of the Incarnation and the struggle against Satan. The definitive Coming of the Kingdom of God and the Last Judgement crown this work.
Hildegard asks herself and us the fundamental question, whether it is possible to know God: This is theology’s principal task. Her answer is completely positive: through faith, as through a door, the human person is able to approach this knowledge. God, however, always retains his veil of mystery and incomprehensibility. He makes himself understandable in creation but, creation itself is not fully understood when detached from God. Indeed, nature considered in itself provides only pieces of information which often become an occasion for error and abuse. Faith, therefore, is also necessary in the natural cognitive process, for otherwise knowledge would remain limited, unsatisfactory and misleading.
Creation is an act of love by which the world can emerge from nothingness. Hence, through the whole range of creatures, divine love flows as a river. Of all creatures God loves man in a special way and confers upon him an extraordinary dignity, giving him that glory which the rebellious angels lost. The human race may thus be counted as the tenth choir of the angelic hierarchy. Indeed human beings are able to know God in himself, that is, his one nature in the Trinity of Persons. Hildegard approached the mystery of the Blessed Trinity along the lines proposed by Saint Augustine. By analogy with his own structure as a rational being, man is able to have an image at least of the inner life of God. Nevertheless, it is solely in the economy of the Incarnation and human life of the Son of God that this mystery becomes accessible to human faith and knowledge. The holy and ineffable Trinity in supreme Unity was hidden from those in the service of the ancient law. But in the new law of grace it was revealed to all who had been freed from slavery. The Trinity was revealed in a special way in the Cross of the Son.
A second “space” in which God becomes known is his word, contained in the Books of the Old and New Testament. Precisely because God “speaks”, man is called to listen. This concept affords Hildegard the opportunity to expound her doctrine on song, especially liturgical song. The sound of the word of God creates life and is expressed in his creatures. Thanks to the creative word, beings without rationality are also involved in the dynamism of creation. But man of course is the creature who can answer the voice of the Creator with his own voice. And this can happen in two ways: in voce oris, that is, in the celebration of the liturgy, and in voce cordis, that is, through a virtuous and holy life. The whole of human life may therefore be interpreted as harmonic and symphonic.
5. Hildegard’s anthropology begins from the biblical narrative of the creation of man (Gen 1:26), made in the image and likeness of God. Man, according to Hildegard’s biblically inspired cosmology, contains all the elements of the world because the entire universe is recapitulated in him; he is formed from the very matter of creation. The human person can therefore consciously enter into a relationship with God. This does not happen through a direct vision, but, in the words of Saint Paul, as “in a mirror” (1 Cor 13:12). The divine image in man consists in his rationality, structured as intellect and will. Thanks to his intellect, man can distinguish between good and evil; thanks to his will, he is spurred to action.
Human beings are seen as a unity of body and soul. The German mystic shows a positive appreciation of corporeity and providential value is given even to the body’s weaknesses. The body is not a weight from which to be delivered. Although human beings are weak and frail, this “teaches” them a sense of creatureliness and humility, protecting them from pride and arrogance. Hildegard contemplated in a vision the souls of the blessed in paradise waiting to be rejoined to their bodies. Our bodies, like the body of Christ, are oriented to the glorious resurrection, to the supreme transformation for eternal life. The very vision of God, in which eternal life consists, cannot be definitively achieved without the body.
The human being exists in both the male and female form. Hildegard recognized that a relationship of reciprocity and a substantial equality between man and woman is rooted in this ontological structure of the human condition. Nevertheless the mystery of sin also dwells in humanity, and was manifested in history for the first time precisely in the relationship between Adam and Eve. Unlike other medieval authors who saw Eve’s weakness as the cause of the Fall, Hildegard places it above all in Adam’s immoderate passion for her.
Even in their condition as sinners, men and women continue to be the recipients of God’s love, because God’s love is unconditional and, after the Fall, acquires the face of mercy. Even the punishment that God inflicts on the man and woman brings out the merciful love of the Creator. In this regard, the most precise description of the human creature is that of someone on a journey, homo viator. On this pilgrimage towards the homeland, the human person is called to a struggle in order constantly to choose what is good and avoid evil.
The constant choice of good produces a virtuous life. The Son of God made man is the subject of all virtues, therefore the imitation of Christ consists precisely in living a virtuous life in communion with Christ. The power of virtue derives from the Holy Spirit, poured into the hearts of believers, who brings about upright behaviour. This is the purpose of human existence. In this way man experiences his Christ-like perfection.
6. So as to achieve this goal, the Lord has given his Church the sacraments. Salvation and the perfection of the human being are not achieved through the effort of the will alone, but rather through the gifts of grace that God grants in the Church.
The Church herself is the first sacrament that God places in the world so that she may communicate salvation to mankind. The Church, built up from “living souls”, may rightly be considered virgin, bride and mother, and thus resembles closely the historical and mystical figure of the Mother of God. The Church communicates salvation first of all by keeping and proclaiming the two great mysteries of the Trinity and the Incarnation, which are like the two “primary sacraments”; and then through administration of the other sacraments. The summit of the sacramental nature of the Church is the Eucharist. The sacraments produce the sanctification of believers, salvation and purification from sin, redemption and charity and all the other virtues. However, to repeat, the Church lives because God within her has manifested his intraTrinitarian love, which was revealed in Christ. The Lord Jesus is the mediator par excellence. From the Trinitarian womb he comes to encounter man and from Mary’s womb he encounters God. As the Son of God, he is love incarnate; as the Son of Mary, he is humanity’s representative before the throne of God.
The human person can have an experience of God. Relationship with him, in fact, is not lived solely in the sphere of rationality, but involves the person totally. All the external and internal senses of the human being are involved in the experience of God. “But man was created in the image and likeness of God, so that he might act through the five bodily senses; he is not divided by them, rather through them he is wise, knowledgeable and intelligent in doing his work (…). For this very reason, because man is wise, knowledgeable and intelligent, he knows creation; he knows God — whom he cannot see except by faith — through creation and his great works, even if with his five senses he barely comprehends them” (Explanatio Symboli Sancti Athanasii in PL 197, 1073). This experiential process finds once again, its fullness in participation in the sacraments.
Hildegard also saw contradictions in the lives of individual members of the faithful and reported the most deplorable situations. She emphasized in particular that individualism in doctrine and in practice on the part of both lay people and ordained ministers is an expression of pride and constitutes the main obstacle to the Church’s evangelizing mission to non-Christians.
One of the salient points of Hildegard’s magisterium was her heartfelt exhortation to a virtuous life addressed to consecrated men and women. Her understanding of the consecrated life is a true “theological metaphysics”, because it is firmly rooted in the theological virtue of faith, which is the source and constant impulse to full commitment in obedience, poverty and chastity. In living out the evangelical counsels, the consecrated person shares in the experience of Christ, poor, chaste and obedient, and follows in his footsteps in daily life. This is fundamental in the consecrated life.
7. Hildegard’s eminent doctrine echoes the teaching of the Apostles, the Fathers and writings of her own day, while it finds a constant point of reference in the Rule of Saint Benedict. The monastic liturgy and the interiorization of sacred Scripture are central to her thought which, focusing on the mystery of the Incarnation, is expressed in a profound unity of style and inner content that runs through all her writings.
The teaching of the holy Benedictine nun stands as a beacon for homo viator. Her message appears extraordinarily timely in today’s world, which is especially sensitive to the values that she proposed and lived. For example, we think of Hildegard’s charismatic and speculative capacity, which offers a lively incentive to theological research; her reflection on the mystery of Christ, considered in its beauty; the dialogue of the Church and theology with culture, science and contemporary art; the ideal of the consecrated life as a possibility for human fulfilment; her appreciation of the liturgy as a celebration of life; her understanding of the reform of the Church, not as an empty change of structure but as conversion of heart; her sensitivity to nature, whose laws are to be safeguarded and not violated.
For these reasons the attribution of the title of Doctor of the Universal Church to Hildegard of Bingen has great significance for today’s world and an extraordinary importance for women. In Hildegard are expressed the most noble values of womanhood: hence the presence of women in the Church and in society is also illumined by her presence, both from the perspective of scientific research and that of pastoral activity. Her ability to speak to those who were far from the faith and from the Church make Hildegard a credible witness of the new evangelization.
By virtue of her reputation for holiness and her eminent teaching, on 6 March 1979 Cardinal Joseph Höffner, Archbishop of Cologne and President of the German Bishops’ Conference, together with the Cardinals, Archbishops and Bishops of the same Conference, including myself as Cardinal Archbishop of Munich and Freising, submitted to Blessed John Paul II the request that Hildegard of Bingen be declared a Doctor of the Universal Church. In that petition, the Cardinal emphasized the soundness of Hildegard’s doctrine, recognized in the twelfth century by Pope Eugene III, her holiness, widely known and celebrated by the people, and the authority of her writings. As time passed, other petitions were added to that of the German Bishops’ Conference, first and foremost the petition from the nuns of Eibingen Monastery, which bears her name. Thus, to the common wish of the People of God that Hildegard be officially canonized, was added the request that she be declared a “Doctor of the Universal Church”.
With my consent, therefore, the Congregation for the Causes of Saints diligently prepared aPositio super Canonizatione et Concessione tituli Doctoris Ecclesiae Universalis for the Mystic of Bingen. Since this concerned a famous teacher of theology who had been the subject of many authoritative studies, I granted the dispensation from the measures prescribed by article 73 of the Apostolic Constitution Pastor Bonus. The cause was therefore examined and approved by the Cardinals and Bishops, who met in Plenary Session on 20 March 2012. The proponent (ponens) of the cause was His Eminence Cardinal Angelo Amato, Prefect of the Congregation for the Causes of Saints. At the audience of 10 May 2012, Cardinal Amato informed us in detail about the status quaestionis and the unanimous vote of the Fathers at the above-mentioned Plenary Session of the Congregation for the Causes of Saints. On 27 May 2012, Pentecost Sunday, I had the joy of announcing to the crowd of pilgrims from all over the world gathered in Saint Peter’s Square the news of the conferral of the title of Doctor of the Universal Church upon Saint Hildegard of Bingen and Saint John of Avila at the beginning of the Assembly of the Synod of Bishops and on the eve of the Year of Faith.
Today, with the help of God and the approval of the whole Church, this act has taken place. In Saint Peter’s Square, in the presence of many Cardinals and Prelates of the Roman Curia and of the Catholic Church, in confirming the acts of the process and willingly granting the desires of the petitioners, I spoke the following words in the course of the Eucharistic sacrifice: “Fulfilling the wishes of numerous brethren in the episcopate, and of many of the faithful throughout the world, after due consultation with the Congregation for the Causes of Saints, with certain knowledge and after mature deliberation, with the fullness of my apostolic authority I declare Saint John of Avila, diocesan priest, and Saint Hildegard of Bingen, professed nun of the Order of Saint Benedict, to be Doctors of the Universal Church. In the name of the Father, and of the Son, and of the Holy Spirit.”
I hereby decree the present Letter to be perpetually valid and fully effective, and I establish that from this moment anything to the contrary proposed by any person, of whatever authority, knowingly or unknowingly, is invalid and without force.
Given in Rome, at Saint Peter’s, under the ring of the Fisherman, on 7 October 2012, in the eighth year of my Pontificate.
BENEDICTUS PP. XVI
© Copyright 2012 – Libreria Editrice Vaticana
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Hildegard of Bingen – A Chronology of her Life and the History of her Canonization
canonization, current1098
Hildegard is born at Bermersheim, near Alzey, south-west of Mainz.
ca. 1106
Hildegard is placed in the care of Jutta of Sponheim to be educated.
1 Nov 1112
Jutta and Hildegard enter an enclosure attached to the Benedictine monastery of Disibodenberg.
1136
After the death of Jutta, Hildegard is chosen by the convent, which had grown from the enclosure, to lead them as ‘magistra’.
1141 – 1151
Hildegard writes Scivias, her main work, composes numerous songs and the mystery play Ordo Virtutum.
1147 – 1179
Extensive correspondence with popes, bishops, secular leaders, monastic communities, clergy and lay people.
1147 / 1148
Hildegard’s writings are approved by Pope Eugenius III who himself reads from Scivias at the Synod of Trier.
1150
Hildegard founds an independent monastery and moves with twenty nuns to Rupertsberg near Bingen.
1158 – 1170
Hildegard preaches a number of public sermons, i.e. at Mainz, Würzburg, Bamberg, Trier, Metz and Cologne.
1158 – 1173
Hildegard writes the Liber vitae meritorum, compiles her medical work known as Physica and Causae et curae and writes the Liber divinorum operum.
1165
Hildegard founds a second monastery, Eibingen, on the hillside above Rüdesheim on the east bank of the Rhine. She is abbess of both monasteries, Rupertsberg and Eibingen.
1174 – 1175
The monk Gottfried begins to write the Life of Hildegard.
1178
Dispute with the diocesan administrators of Mainz, an interdict is imposed on Rupertsberg.
17 Sep 1179
Hildegard dies at Rupertsberg, just a few months after the interdict has been lifted. She is buried in front of the altar in the monastic church.
1180 – 1190
The monk Theodoric completes the Life of Hildegard, begun by Gottfried.
1226
The abbess and convent of Rupertsberg petition for the canonization of their founding abbess, Hildegard of Bingen.
27 Jan 1227
Pope Gregory IX initiates the canonization process.
1233
The priest Bruno, Custos of St Peter’s at Strasbourg, takes the canonization protocol, sealed on 6 December 1233 at Rupertsberg, to Rome, together with a copy of the Life of Hildegard, her writings and an assessment of her work, issued by the Theological Faculty of the University of Paris, which William of Auxerre summarizes in this way: “Hildegard’s writings do not contain human, but divine words.”
1237
The canonization protocol is rejected, as it does not meet the formal requirements – exact details concerning the specified miracles, such as dates, places, names of both witnesses and those persons who were healed, are apparently insufficient.
6 May 1237
Pope Gregory IX charges a new commission with the process; amongst its members are the Dean, Master Scholastic and Canon Walter of the Chapter of Mainz Cathedral. It is presumed that this commission never took up its work.
24 Nov 1243
Pope Innocence IV makes a fresh attempt during the first year of his pontificate to carry the canonization process forward. The original protocol is revised, containing several amendments and additions. Nowadays, the canonization protocol of 1233 and the revised version of 1243 are preserved in the main Public Records Office of the city of Koblenz.
From 1243
Hildegard’s canonization process remains pending.
26 Aug 1326
The monastery of Rupertsberg is granted several indulgences by Pope John XXII who makes mention of ‘the Feast Day of Saint Hildegard’. This is the first papal document, which officially refers to Hildegard as a saint.
1489
The archbishop of Mainz, Berthold von Henneberg, attempts to set the canonization process in motion again. In the hope of finding canonization documents, he orders Hildegard’s grave to be opened, but his hope is unfounded. Hildegard’s remains are placed in a new shrine.
1493
The printed World Chronicle of the Nuremberg humanist Hartmann Schedel, richly illustrated with woodcuts, mentions Hildegard at length and thus acquaints her with a broad readership.
1498
Trithemius, Abbot of Sponheim, has Hildegard’s grave re-opened. But again, no documents of former times relating to the canonization process are found.
15th century
Hildegard of Bingen is entered in the Martyrologium Romanum, the catalogue of saints of the Roman Catholic Church, where it is recorded on 17 September: Apud Bingiam, in dioecesi Moguntinensi, sanctae Hildegardis virginis. (Near Bingen, in the diocese of Mainz, memorial of the holy virgin Hildegard).
1632
The monastery of Rupertsberg is destroyed by the Swedes during the Thirty Years’ War. The nuns of Rupertsberg escape to Eibingen, taking the shrine with Hildegard’s remains with them.
1802
Dissolution of the monastery of Eibingen during the Secularization. In 1831 the former monastic church becomes the parish church of Eibingen.
17 Sep 1904
Benedictine nuns of the Abbey of St Gabriel in Prague move into the newly built Abbey of St Hildegard, which overlooks the former monastic site at Eibingen.
1916
The newly introduced monastic breviary of the Benedictine Order states 17 September as the feast day of St Hildegard.
From 1920
Scholarly research of Hildegard’s work by nuns of the Abbey of St Hildegard (Sr Maura Böckeler, Sr Marianna Schrader, Sr Adelgundis Führkötter, Sr Angela Carlevaris).
1929
A new and valuable shrine of St Hildegard is designed by Br Radbod Commandeur OSB of Maria Laach Abbey. The gilded reliquary resembles a building, with the cardinal virtues allegorically depicted on the wings of its doors: justice, fortitude, prudence and temperance. On its front and back four saints are portrayed, amongst them St Peter, St Benedict and St Martin.
21 Feb 1940
Letter of Pope Pius XII to the German bishops, authorizing the veneration of the “holy virgin Hildegard” for the whole German Church; up to that point it had applied to certain German dioceses only.
1978 – 2010
Critical editions of all of Hildegard’s works are published.
1979
800th anniversary of Hildegard’s death – a wide reception of her work commences.
6 March 1979
The German Bishops’ Conference files a petition in Rome to declare Hildegard of Bingen a Doctor of the Church. The petition is not dealt with on the grounds that Hildegard was never officially canonized.
15 April 1979
The Working Committee of German Catholic Women submits a request to the presiding bishop of the German Bishops’ Conference, Cardinal Joseph Höffner of Cologne, to petition for Hildegard to be declared a Doctor of the Church.
1987
The German Bishops’ Conference again petitions Rome for the canonization of Hildegard and appeals again to proclaim her a Doctor of the Church. The bishop of Trier is entrusted with the procedure.
1988
It becomes known that the German Bishops’ Conference has stated that prior to any procedures critical editions of all of Hildegard’s works would have to be presented. This had been repudiated earlier by Father Ambrogio Eszer OP, Relator for the Congregation for the Causes of Saints, as in the case of St Albert the Great, critical editions of his work had also not been available.
From 1990
Stagnation of the process.
1996
The Liturgy Commission of the German Bishops’ Conference makes a new effort to set the process of the Causa Hildegardis in motion again.
1997 / 98
900th anniversary of Hildegard’s birth; numerous new publications appear on Hildegard’s life and work.
2001
Extension of the entry in the Martyrologium Romanum on 17 September: In monasterio Montis Sancti Ruperti prope Bingiam in Hassia, sanctae Hildegardis, virginis, quae, scientia rerum naturae et medicinae necnon arte musica perita, quam mystica contemplatione experta erat, pie in libris exposuit ac descripsit. (Commemoration of the holy virgin Hildegard in the monastery on the hill of St Rupert near Bingen in Hesse, who skillfully knew about natural science and medicine as well as the art of music and piously described and interpreted those things in books, which she had experienced in mystical contemplation.)
2010
Completion of critical editions of all of Hildegard of Bingen’s work.
2010
During two general audiences, on September 1st and 8th, Pope Benedict XVI gives two catecheses on Hildegard of Bingen. He consistently refers to her as ‘Saint’ Hildegard and speaks of her as “a ‘great prophet’ of considerable timeliness in our own day, who had the courage and capacity to discern the signs of the time…”
25 Dec 2010
The abbess and convent of the Abbey of St Hildegard thank the pope for his catecheses and appeal to him to canonize Hildegard officially and proclaim her a Doctor of the Church.
January 2011
Pope Benedict XVI instructs the Congregation for the Causes of Saints to resume the Causa Hildegardis.
2 April 2011
Decree by Pope Benedict XVI stating that the canonization process begun in 1228 should now be brought to an expeditious conclusion and that Hildegard of Bingen should be proclaimed a Doctor of the Universal Church. At the same time the pope grants dispensation from the customarily required report of the Congregation for the Doctrine of the Faith, “considering the age, constancy and dependability of the esteem in which Hildegard has been held, as well as from the miracle which is necessary for canonization”.
from April 2011
Formulation of the ‘Positio super canonizatione ac ecclesiae doctoratu’ for the Causa Hildegardis by order of the Congregation for the Causes of Saints. Contributors: Sr Matthia Eiden Osb, Eibingen; Sr Philippa Rath OSB, Eibingen; Sr Maura Zátonyi OSB, Eibingen; Dr Monika Klaes-Hachmoeller, Duisburg; Prof Rainer Berndt SJ, Frankfurt, and Prof Michael Embach, Trier.
January 2012
The Positio super canonizatione ac ecclesiae doctoratu goes to press in the Vatican.
20 March 2012
Deliberation by the members of the Congregation for the Causes of Saints about the Positio and vote on the Causa Hildegardis.
10 May 2012
Pope Benedict XVI signs the decree of the canonization of Hildegard of Bingen and her name is entered in the martyrology of the universal church.
27 May 2012
In his address prior to the Regina Caeli on Pentecost Sunday, Pope Benedict XVI announces the news of conferring the title of Doctor of the Universal Church on Hildegard of Bingen on 7 October 2012.
7 October 2012
Ceremony of the proclamation of Hildegard of Bingen as Doctor of the Universal Church in Rome, at the opening of the General Assembly of the Synod of Bishops for the New Evangelization and on the eve of the Year of Faith.
Compiled by Sr Philippa Rath OSB, Eibingen
Translated by Barbara Thompson
General Audiences September 2010
canonization, currentPapal Summer Residence, Castel Gandolfo
Wednesday, 1st September 2010
Saint Hildegard of Bingen
Dear Brothers and Sisters,
In 1988, on the occasion of the Marian Year, Venerable John Paul II wrote an Apostolic Letter entitled Mulieris Dignitatem on the precious role that women have played and play in the life of the Church. „The Church“, one reads in it, „gives thanks for all the manifestations of thefeminine „genius‘ which have appeared in the course of history, in the midst of all peoples and nations; she gives thanks for all the charisms that the Holy Spirit distributes to women in the history of the People of God, for all the victories which she owes to their faith, hope and charity: she gives thanks for all the fruits of feminine holiness“ (n. 31).
Various female figures stand out for the holiness of their lives and the wealth of their teaching even in those centuries of history that we usually call the Middle Ages. Today I would like to begin to present one of them to you: St Hildegard of Bingen, who lived in Germany in the 12th century. She was born in 1098, probably at Bermersheim, Rhineland, not far from Alzey, and died in 1179 at the age of 81, in spite of having always been in poor health. Hildegard belonged to a large noble family and her parents dedicated her to God from birth for his service. At the age of eight she was offered for the religious state (in accordance with the Rule of St Benedict, chapter 59), and, to ensure that she received an appropriate human and Christian formation, she was entrusted to the care of the consecrated widow Uda of Gölklheim and then to Jutta of Spanheim who had taken the veil at the Benedictine Monastery of St Disibodenberg. A small cloistered women’s monastery was developing there that followed the Rule of St Benedict. Hildegard was clothed by Bishop Otto of Bamberg and in 1136, upon the death of Mother Jutta who had become the community magistra (Prioress), the sisters chose Hildegard to succeed her. She fulfilled this office making the most of her gifts as a woman of culture and of lofty spirituality, capable of dealing competently with the organizational aspects of cloistered life. A few years later, partly because of the increasing number of young women who were knocking at the monastery door, Hildegard broke away from the dominating male monastery of St Disibodenburg with her community, taking it to Bingen, calling it after St Rupert and here she spent the rest of her days. Her manner of exercising the ministry of authority is an example for every religious community: she inspired holy emulation in the practice of good to such an extent that, as time was to tell, both the mother and her daughters competed in mutual esteem and in serving each other.
During the years when she was superior of the Monastery of St Disibodenberg, Hildegard began to dictate the mystical visions that she had been receiving for some time to the monk Volmar, her spiritual director, and to Richardis di Strade, her secretary, a sister of whom she was very fond. As always happens in the life of true mystics, Hildegard too wanted to put herself under the authority of wise people to discern the origin of her visions, fearing that they were the product of illusions and did not come from God. She thus turned to a person who was most highly esteemed in the Church in those times: St Bernard of Clairvaux, of whom I have already spoken in several Catecheses. He calmed and encouraged Hildegard. However, in 1147 she received a further, very important approval. Pope Eugene iii, who was presiding at a Synod in Trier, read a text dictated by Hildegard presented to him by Archbishop Henry of Mainz. The Pope authorized the mystic to write down her visions and to speak in public. From that moment Hildegard’s spiritual prestige continued to grow so that her contemporaries called her the „Teutonic prophetess“. This, dear friends, is the seal of an authentic experience of the Holy Spirit, the source of every charism: the person endowed with supernatural gifts never boasts of them, never flaunts them and, above all, shows complete obedience to the ecclesial authority. Every gift bestowed by the Holy Spirit, is in fact intended for the edification of the Church and the Church, through her Pastors, recognizes its authenticity.
I shall speak again next Wednesday about this great woman, this „prophetess“ who also speaks with great timeliness to us today, with her courageous ability to discern the signs of the times, her love for creation, her medicine, her poetry, her music, which today has been reconstructed, her love for Christ and for his Church which was suffering in that period too, wounded also in that time by the sins of both priests and lay people, and far better loved as the Body of Christ. Thus St Hildegard speaks to us; we shall speak of her again next Wednesday. Thank you for your attention.
To special groups
I greet the English-speaking pilgrims, especially those from Scotland, Ireland, Denmark, Japan and Sri Lanka. Our catechesis today deals with Saint Hildegard of Bingen, the great nun and mystic of the 12th century. One of the outstanding women of the Middle Ages, Hildegard used her spiritual gifts for the renewal of the Church and the spread of authentic Christian living. Hildegard reminds us of the contribution which women are called to make to the life of the Church in our own time. Trusting in her intercession, I cordially invoke upon all of you God’s abundant blessings!
Lastly I greet the young people, the sick and the newlyweds. Dear young people, in resuming your customary daily activities after the holidays, may you spread God’s light with your witness in every environment. Dear sick people, may you find support in Jesus who continues his work of redemption in every human being’s life. And you, dear newlyweds, may you draw from Christ’s love so that your love may be increasingly sound and lasting.
© Copyright 2010 – Libreria Editrice Vaticana
Paul VI Hall
Wednesday, 8 September 2010
Saint Hildegard of Bingen (2)
Dear Brothers and Sisters,
Today I would like to take up and continue my Reflection on St Hildegard of Bingen, an important female figure of the Middle Ages who was distinguished for her spiritual wisdom and the holiness of her life. Hildegard’s mystical visions resemble those of the Old Testament prophets: expressing herself in the cultural and religious categories of her time, she interpreted the Sacred Scriptures in the light of God, applying them to the various circumstances of life. Thus all those who heard her felt the need to live a consistent and committed Christian lifestyle. In a letter to St Bernard the mystic from the Rhineland confesses: „The vision fascinates my whole being: I do not see with the eyes of the body but it appears to me in the spirit of the mysteries…. I recognize the deep meaning of what is expounded on in the Psalter, in the Gospels and in other books, which have been shown to me in the vision. This vision burns like a flame in my breast and in my soul and teaches me to understand the text profoundly“ (Epistolarium pars prima I-XC: CCCM 91).
Hildegard’s mystical visions have a rich theological content. They refer to the principal events of salvation history, and use a language for the most part poetic and symbolic. For example, in her best known work entitled Scivias, that is, „You know the ways“ she sums up in 35 visions the events of the history of salvation from the creation of the world to the end of time. With the characteristic traits of feminine sensitivity, Hildegard develops at the very heart of her work the theme of the mysterious marriage between God and humanity that is brought about in the Incarnation. On the tree of the Cross take place the nuptials of the Son of God with the Church, his Bride, filled with grace and the ability to give new children to God, in the love of the Holy Spirit (cf. Visio tertia: PL 197, 453c).
From these brief references we already see that theology too can receive a special contribution from women because they are able to talk about God and the mysteries of faith using their own particular intelligence and sensitivity. I therefore encourage all those who carry out this service to do it with a profound ecclesial spirit, nourishing their own reflection with prayer and looking to the great riches, not yet fully explored, of the medieval mystic tradition, especially that represented by luminous models such as Hildegard of Bingen.
The Rhenish mystic is also the author of other writings, two of which are particularly important since, like Scivias, they record her mystical visions: they are the Liber vitae meritorum (Book of the merits of life) and the Liber divinorum operum (Book of the divine works), also calledDe operatione Dei. In the former she describes a unique and powerful vision of God who gives life to the cosmos with his power and his light. Hildegard stresses the deep relationship that exists between man and God and reminds us that the whole creation, of which man is the summit, receives life from the Trinity. The work is centred on the relationship between virtue and vice, which is why human beings must face the daily challenge of vice that distances them on their way towards God and of virtue that benefits them. The invitation is to distance themselves from evil in order to glorify God and, after a virtuous existence, enter the life that consists „wholly of joy“. In her second work that many consider her masterpiece she once again describes creation in its relationship with God and the centrality of the human being, expressing a strong Christo-centrism with a biblical-Patristic flavour. The Saint, who presents five visions inspired by the Prologue of the Gospel according to St John, cites the words of the Son to the Father: „The whole task that you wanted and entrusted to me I have carried out successfully, and so here I am in you and you in me and we are one“ (Pars III, Visio X: PL197, 1025a).
Finally, in other writings Hildegard manifests the versatility of interests and cultural vivacity of the female monasteries of the Middle Ages, in a manner contrary to the prejudices which still weighed on that period. Hildegard took an interest in medicine and in the natural sciences as well as in music, since she was endowed with artistic talent. Thus she composed hymns, antiphons and songs, gathered under the title: Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum (Symphony of the Harmony of Heavenly Revelations), that were performed joyously in her monasteries, spreading an atmosphere of tranquillity and that have also come down to us. For her, the entire creation is a symphony of the Holy Spirit who is in himself joy and jubilation.
The popularity that surrounded Hildegard impelled many people to seek her advice. It is for this reason that we have so many of her letters at our disposal. Many male and female monastic communities turned to her, as well as Bishops and Abbots. And many of her answers still apply for us. For instance, Hildegard wrote these words to a community of women religious: „The spiritual life must be tended with great dedication. At first the effort is burdensome because it demands the renunciation of caprices of the pleasures of the flesh and of other such things. But if she lets herself be enthralled by holiness a holy soul will find even contempt for the world sweet and lovable. All that is needed is to take care that the soul does not shrivel“ (E. Gronau, Hildegard. Vita di una donna profetica alle origini dell’età moderna, Milan 1996, p. 402). And when the Emperor Frederic Barbarossa caused a schism in the Church by supporting at least three anti-popes against Alexander iii, the legitimate Pope, Hildegard did not hesitate, inspired by her visions, to remind him that even he, the Emperor, was subject to God’s judgement. With fearlessness, a feature of every prophet, she wrote to the Emperor these words as spoken by God: „You will be sorry for this wicked conduct of the godless who despise me! Listen, O King, if you wish to live! Otherwise my sword will pierce you!“ (ibid., p. 412).
With the spiritual authority with which she was endowed, in the last years of her life Hildegard set out on journeys, despite her advanced age and the uncomfortable conditions of travel, in order to speak to the people of God. They all listened willingly, even when she spoke severely: they considered her a messenger sent by God. She called above all the monastic communities and the clergy to a life in conformity with their vocation. In a special way Hildegard countered the movement of German cátari (Cathars). They cátari means literally „pure“ advocated a radical reform of the Church, especially to combat the abuses of the clergy. She harshly reprimanded them for seeking to subvert the very nature of the Church, reminding them that a true renewal of the ecclesial community is obtained with a sincere spirit of repentance and a demanding process of conversion, rather than with a change of structures. This is a message that we should never forget. Let us always invoke the Holy Spirit, so that he may inspire in the Church holy and courageous women, like St Hildegard of Bingen, who, developing the gifts they have received from God, make their own special and valuable contribution to the spiritual development of our communities and of the Church in our time.
To special groups:
I am pleased to greet the participants in the Communications Seminar sponsored by the Pontifical University of the Holy Cross, and I offer prayerful good wishes for their work. Upon all the English-speaking visitors present at today’s Audience, especially the pilgrim groups from England, Wales, Scotland, Ireland, Sweden, Nigeria, Indonesia, Canada and the United States of America, I invoke God’s abundant blessings.
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I am very much looking forward to my visit to the United Kingdom in a week’s time and I send heartfelt greetings to all the people of Great Britain. I am aware that a vast amount of work has gone into the preparations for the visit, not only by the Catholic community but by the Government, the local authorities in Scotland, London and Birmingham, the communications media and the security services, and I want to say how much I appreciate the efforts that have been made to ensure that the various events planned will be truly joyful celebrations. Above all I thank the countless people who have been praying for the success of the visit and for a great outpouring of God’s grace upon the Church and the people of your nation.
It will be a particular joy for me to beatify the Venerable John Henry Newman in Birmingham on Sunday 19 September. This truly great Englishman lived an exemplary priestly life and through his extensive writings made a lasting contribution to Church and society both in his native land and in many other parts of the world. It is my hope and prayer that more and more people will benefit from his gentle wisdom and be inspired by his example of integrity and holiness of life.
I look forward to meeting representatives of the many different religious and cultural traditions that make up the British population, as well as civil and political leaders. I am most grateful to Her Majesty the Queen and to His Grace the Archbishop of Canterbury for receiving me, and I look forward to meeting them. While I regret that there are many places and people I shall not have the opportunity to visit, I want you to know that you are all remembered in my prayers. God bless the people of the United Kingdom!
© Copyright 2010 – Libreria Editrice Vaticana